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(lundi 26 février 2007 à 18:40)
Le candidat centriste a mis du "social" dans son programme, jusqu'alors très économique. Au cours de la conférence de Presse qu'il a donné vendredi 23 février pour présenter en détails son propre pacte présidentiel, "social(x,iste,e,es)" est le troisième terme qu'il a le plus prononcé. Et "social-économie", formule clé de son programme, a été scandé à treize reprises.
Chose rare jusqu'alors, François Bayrou a, par ailleurs, introduit les mots "environnement" et "écologique(s)" dans son vocabulaire. Mais s'il prend conscience de l'importance des problématiques environnementales, ses propositions en la matière restent insuffisantes. Le président de l'UDF se montre plus audacieux sur les questions liées à la "recherche(s)" (21 occurrences) et à la "formation(s)" (16 occurrences). Il insiste également beaucoup sur les "impôts" et les "dette(s)" publiques de la France, en donnant de nombreux détails chiffrés. Si bien qu'il a employé le terme "milliards" 24 fois dans son dernier discours de 8 250 mots. A lire aussi sur le blog de Jean Véronis : Bayrou sur un nuage (lundi 26 février 2007 à 16:57)
François Bayrou n'échappera pas à notre analyseur sémantique. Après avoir décortiqué les dernières paroles de Ségolène Royal, nous avons justement disséqué les trois derniers discours du candidat centriste pour tenter d'en savoir un peu plus sur lui. Premier résultat : le président de l'UDF est résolument tourné vers l'Europe. Parmi les 24.195 derniers mots qu'il a prononcés, "europ(e, éen(s,ne,nes))" compte, en effet, parmi les trois termes significatifs qui reviennent le plus souvent, avec 121 occurrences.
François Bayrou se penche également beaucoup sur les questions économiques et sur les plus gros problèmes de la France, du moins dans ces derniers discours. "entrepris(es,e)", "travail", "emplois" et "retrait(es,é,és,e)" sont ainsi des mots qu'il emploie assez fréquemment. Le candidat centriste souhaite, par ailleurs, incarner le changement. Il n'hésite donc pas à répéter le verbe "changer" sous une forme ou une autre. Au final, le terme "chang(er,e,é,ement,erai)" revient 27 fois sous 5 formes différentes dans ces plus récentes élocutions. En hausse continu dans les sondages, le président de l'UDF n'hésite pas non plus à changer l'orientation de son discours pour essayer de gagner des électeurs à gauche. Principe qu'il pourrait bien mettre en pratique ce soir, sur TF1. Il sera, en effet, l'un des invités de l'émission "J'ai une question à vous poser", programmée en première partie de soirée. Derniers discours de François Bayrou : (samedi 24 février 2007 à 13:54)
Plus de cinq ans après, les attentats du 11 septembre aux États-Unis n'en finissent plus de faire couler de l'encre. Un nombre de plus en plus grand de journalistes, universitaires, écrivains, artistes ou hommes politiques de toutes nationalités contestent la version officielle des attentats, produite par l'administration Bush. Dans ce contexte, il semble intéressant aujourd'hui de présenter un aperçu des principaux ouvrages et oeuvres traitant du sujet.
Enfin, j'en profite pour re-signaler ici "Tell the Truth, Nigga" des rappeurs américains Mos Def, immortal Technique et Eminem, dont un clip est disponible sur Les Insoumis. Ce morceau a fait l'objet d'un précédent post de Fred.
(vendredi 23 février 2007 à 17:13)
(mardi 13 février 2007 à 16:01)
Le maire de Paris demande à Nicolas Sarkozy de mettre en veille (au moins) temporairement sa politique d'imigration extrêmement dure, pour accomplir un "geste humanitaire" : revenir sur l'avis d'expulsion prononcé à l'encontre du Sri Lankais Arulappu Jude-Mariyathas, après son arrestation le 9 février dernier lors d'un contrôle d'identité. Persécuté au Sri Lanka en raison de ses origines tamoules et de son activité politique, Arulappu Jude-Mariyathas s'est réfugié en France en 2001. Fuyant les mêmes atrocités, sa femme et leurs trois enfants l'ont rejoint en 2003. Ils ont formulé une demande d'asile puis une demande de régularisation, toutes deux rejetées. "Au-delà des dangers majeurs auxquels risquent d'être confrontée cette famille si elle retourne au Sri Lanka, la situation médicale extrêmement grave du jeune fils hospitalisé, et en attente d'une greffe, justifierait pleinement un geste humanitaire", explique Bertrand Delanoë. Si comme le maire de Paris, vous souhaitez soutenir la famille Jude-Mariyathas, vous trouverez sur le site Hns-info.net un modèle de lettre à faxer ou à envoyer au préfet de Seine-Saint-Denis et au cabinet du Ministre de l'Intérieur. Leurs coordonnées sont communiquées, alors pourquoi s'en priver ? A lire également : la lettre de Bertrand Delanoë (lundi 12 février 2007 à 16:10)
Moins bien préparés, les socialistes étaient beaucoup moins nombreux à riposter. Julien Dray a réagi en indiquant que selon ses propres estimations, les mesures avancées par Nicolas Sarkozy "se situent autour d'une centaine de milliards d'euros". Jean-Pierre Chevènement s'est également exprimé. Si la candidate socialiste "propose des mesures qui coûtent de l'argent, Nicolas Sarkozy en propose tout autant et qui coûtent tout autant", a-t-il déclaré lundi sur Europe 1. "Simplement, Nicolas Sarkozy, en plus, prétend réduire de quatre points, c'est-à-dire de 70 milliards d'euros, le niveau des prélèvements obligatoires", a-t-il ajouté. Les cent propositions de Ségolène Royal seront prochainement chiffrées, avant que soit élaboré un plan de financement. Elles seront notamment financées par la réforme de l'Etat et de son organisation qui, selon Julien Dray, offre "des marges de manoeuvre considérables". Que retiendront les médias de cette bataille ? La charge UMPiste ? La contre-attaque socialiste ? Ou un peu des deux, comme ils devraient le faire ? (lundi 12 février 2007 à 14:55)
Ségolène Royal recentre résolument son discours sur le social. Apparaissant 34 fois dans un document de 3 938 mots, "social(e,x,es)" est le terme significatif qui revient le plus souvent dans le "pacte présidentiel" de la candidate socialiste. C'est également le deuxième terme le plus prononcé par Royal lors de sa dernière intervention à Villepinte, dimanche 11 février (88 fois sur 7 311).
Se qualifiant elle-même de "Présidente du travail pour tous" et de "Présidente de la lutte contre toutes les formes de violence" dans son pacte présidentiel, Ségolène Royal n'entend pas pour autant laisser à Nicolas Sarkozy le monopole sur les questions liées à l'emploi et à la sécurité. Le mot "travail" est, en effet, inscrit 21 fois dans son programme et 16 fois dans son dernier discours. Et le terme "violence(s)", respectivement 16 et 17 fois. La candidate socialiste s'adresse, par ailleurs, avec insistance aux "jeunes". A Villepinte, elle a fait référence à cette catégorie de citoyens pas moins de 25 fois. Et dans son programme, le terme "jeune(s)" est répété 15 fois. Quelques citations de Ségolène Royal :
A lire aussi sur Technologies du langage : 2007 : Ségo sur un nuage Précisions : le discours et le programme de Ségolène Royal ont été analysés à l'aide d'un service en ligne conçu par nos soins, que nous mettrons bientôt à la disposition de tous sur le Net. (mercredi 7 février 2007 à 12:01)
Pour s'en rendre compte, il faut quitter le pays bien évidemment. Il faut notamment se rendre en Suisse, où Le Matin a publié, le 27 janvier dernier, une enquête sur les relations étroites qu'entretient notre actuel Ministre de l'Intérieur avec les journalistes. Des journalistes menacés Le quotidien suisse révèle que le président de l'UMP a acheté, dans pratiquement toutes les rédactions, des journalistes qui espionnent leurs collègues pour son compte moyennant "des informations exclusives ou des promesses de promotion". Pire encore : les rédacteurs "un peu trop à gauche" reçoivent des menaces. "Un proche de Sarkozy vous appelle au téléphone et lâche le nom de votre maîtresse, menaçant de le faire savoir à votre épouse si vous ne devenez pas davantage conciliant avec le candidat de l'UMP", s'étrangle un journaliste du Figaro. Pour faire tourner ce manège, les services de l'Etat sont réquisitionnés. Notamment les services secrets, la DST et les Renseignements généraux (RG), lesquels sont dirigés par le Ministre de l'Intérieur. Une image maitrisée à la télévision Nicolas Sarkozy s'appuie également sur la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication) pour s'assurer une bonne couverture médiatique positive à la télévision. Détenue par l'UMP, cette entreprise fournit gratuitement aux chaînes de télévision françaises ses reportages, très subjectifs, sur le candidat à l'élection présidentielle. "Le plus grave, ce n'est pas que Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions acceptent ce procédé car il leur fait économiser de l'argent", s'insurge un journaliste parisien anonyme. Le plus grave, c'est que la "stratégie" de communication de Sarkozy s'avère payante : le candidat de l'UMP est aujourd'hui favori dans les sondages d'opinion publique. A lire sur LeMatin.ch : Mainmise sur la presse tricolore (mardi 6 février 2007 à 19:46)
Heureusment, une internaute a alerté le Nouvel Observateur qui a obtenu de LCI et TF1 qu'ils publient une version non censurée de l'émission. Pour être sûr qu'il ne vous échappe pas, voici le passage censuré. Quand un jeune homme, Jérôme Monod, a reproché à l'actuel Ministre de l'Intérieur de piquer à l'extrême droite certaines formules, celui-ci a répondu : "(...) Je suis le premier homme politique de droite à dire qu'il faut une immigration choisie. Mais je dis aussi une chose avec la plus grande force : personne n'est obligé d'habiter en France. Et quand on aime la France, on la respecte. On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines." Ce à quoi une jeune Lilloise d'origine algérienne a répondu : "les propos que vous venez de tenir sur les moutons ce sont des propos racistes. Il y a des règlementations, il y a des abattoirs, on est civilisés. C'est honteux, je suis d'origine algérienne et je suis musulmane et je me sens insultée, complètement." J'imagine d'ici le savon qu'a du passer Nicolas Sarkozy à ses amis de TF1, après l'émission : "Quel est l'incompétent qui s'est occupé du recrutement de ce public ? Vous auriez pu aller les chercher directement dans le quartier général de Royal, tant que vous y étiez...." A lire sur Nouvelobs.com : TF1.fr joue à saute-mouton (samedi 3 février 2007 à 19:52)
Après que les Renseignements Généraux (dirigés par le ministre Sarkozy) se soient fait prendre la main dans le sac, en train d'espionner le bras droit de Ségolène Royal (voir les articles de Fred et Antoine à ce sujet), voilà qu'il remet ça avec le très connu (zet respecté) juge Renaud Van Ruymbeke du tribunal de grande instance de Paris. Ce dernier dévoile toute l'affaire dans une interview au Monde, que je vous enjoint vivement à lire. Le juge Van Ruymbeke n'est ni plus ni moins accusé de manquement à la déontologie par le ministre de la justice Pascal Clément, qui a saisi l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ), qui l'a elle-même renvoyée devant le Conseil Supérieur de la Magistrature ! C'est beaucoup pour un homme simplement accusé d'avoir rencontré un témoin de l'affaire Cleastream (Jean-Louis Gergorin) hors procédure... Le problème... c'est que c'est tout à fait autorisé ! C'est ce que le premier président de la cour d'appel a jugé dans un rapport sur l'affaire, précisant même que le juge Van Ruymbeke avait fait "preuve d'une grande prudence" et d'un "incontestable professionnalisme" ! Mais il est vrai que le premier président de la cour d'appel est indépendant du pouvoir en place, alors que l'Inspection Générale des Services Judiciaires ne l'est pas ! Le problème, c'est que c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui, le 19 octobre 2006 sur TF1, a accusé le juge Van Ruymbeke, de faire alliance avec le corbeau de l'affaire Clearstream pour le faire tomber. Alors que notre cher ministre venait justement d'être innocenté par... le juge van Ruymbeke !! Paranoïa ? Manipulation ? L'affaire Clearstream a déjà permis à Nicolas Sarkozy d'éliminer Dominique de Villepin, son principal rival dans la course à la présidence. De là à imaginer qu'il réédite le coup pour supprimer un juge trop curieux... (samedi 3 février 2007 à 18:51)
Bruno Rebelle, l'ex-directeur de Greenpeace France qui a rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal, s'est rendu aujourd'hui à la Commission national de l'informatique et des libertés (Cnil) pour consulter le dossier établi sur sa personne par les Renseignements Généraux (RG). Ses découvertes sont sans appel : les RG, lesquels sont commandés par le Ministère de l'Intérieur, ont enquêté illégalement sur Bruno Rebelle, certainement dans le but de tenter de déstabiliser la candidate socialiste. Nicolas Sarkozy abuse déjà du pouvoir que lui confère son poste de Ministre de l'Intérieur pour servir ses intérêts personnels. Imaginez un peu ce que cela donnerait s'il venait à être Président de la République, garant de la constitution et chef des armées... (vendredi 2 février 2007 à 17:07)
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy s'attaque au très respecté Renaud Van Ruymbeke, premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de Paris. L'homme qui a instruit l'affaire des faux listings Clearstream accuse Nicolas Sarkozy d'être à l'origine de sa mise en touche. Epinglé dans un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ), pour sa rencontre hors procédure avec le corbeau présumé de l'affaire, il est aujourd'hui renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Une condamnation massivement critiquée dans le corps juridique (Le Monde du 2 février 2007). Le Syndicat de la magistrature évoque une "tentative de déstabilisation" et "un rapport à charge visant à détourner l'attention". Pour l'Union syndicale des magistrats, ce "juge d'expérience" a été "poussé à la faute" (Le Monde du 1er février 2007). N'était-il pas tout simplement sur le point de révéler des faits compromettants ? N'allions-nous pas apprendre que l'affaire Clearstream a été montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy pour se poser en victime ? Utilisation illégale des Renseignements Généraux Pendant que nous nous interrogeons, le président de l'UMP est de nouveau montré du doigt pour d'autres pratiques autocratiques. Les Renseignements Généraux, qui sont dirigés par le Ministre de l'Intérieur lui-même, ont soumis à un recensement de sécurité les habitants des trois immeubles faisant face au quartier général de campagne de l'UMP. Ces riverains, qui ont dû fournir nom, prénom et date de naissance, sont désormais fichés par la police et vivent dans la peur des journalistes et des terroristes (Le Nouvel Observateur du 1er février 2007). Mais ce n'est pas tout. Selon le Canard enchaîné, les Renseignements Généraux ont également enquêté sur le patrimoine immobilier de Ségolène Royal. Les résultats de leurs recherches ont ensuite été utilisés pour tenter de nuire à la candidate socialiste. Rappelez-vous : on reprochait alors au couple Royal-Hollande d'avoir constitué une SCI pour échapper à l'impôt sur la fortune, ce qui s'est révélé être faux (Le Monde du 31 janvier 2007). Contrôle des médias Remontez encore un peu plus loin dans votre mémoire... En juin 2005, Paris Match publie en Une la photo de Cecilia Sarkozy avec son nouveau compagnon de l’époque. Quelques jours plus tard, Alain Genestar, le directeur de la publication de l'époque, démissionne sous la pression d'Arnaud Lagardère, un ami de Nicolas Sarkozy. S'ensuit la deuxième grève de l'histoire de Paris Match, la première ayant eu lieu en mai 1968. Un an et demi plus tard, l'hebdomadaire est bien plus docile avec le candidat à l'élection présidentielle. Il va même jusqu'à lui consacrer huit pages et une couverture élogieuses : "Nicolas Sarkozy - Un destin en marche". Plus globalement, c'est la plus grande majorité des médias qui semble accorder ses faveurs au président de l'UMP. Voici d'ailleurs ce que disait à ce sujet Alain Genestar, début janvier : "Nicolas Sarkozy a développé un système relationnel qui fait qu'il compte beaucoup d'amis dans les médias et notamment au plus haut niveau. C'est sa manière, d'ailleurs très habille, de verrouiller d'une certaine façon. Il ne menace pas. C'est même quelqu'un qui a un respect pour la critique et la contradiction. Mais il a une conception des relations avec ceux qui deviennent ses proches qui fait, qu'en cas de manquement, ceux-ci peuvent être accusé de trahison. Le plus étrange, ce n'est pas d'ailleurs qu'il agisse ainsi mais que ça marche." (Le Nouvel Observateur du 6 janvier 2007). Reste à savoir jusqu'où est prêt à aller Nicolas Sarkozy pour tenir ses amis et ses ennemis. Illustration : Julo sur Blogapart.info |