L'EPR de Flamanville (1,6 GW) est aussi cher qu'un parc éolien de 2,08 GW
Environnement - mercredi 28 février 2007
Le budget prévu pour la construction d'un réacteur nucléaire EPR à Flamanville (voir billet précédent), qui s'élève à 3 milliards d'euros, permettrait de développer un parc de 1.040 éoliennes d'une capacité totale de 2,08 gigawatts, contre 1,6 gigawatts pour l'EPR. Alors pourquoi faire du nucléaire quand on peut produire plus, à coût égal, avec de l'éolien ?
Les opposants à l'éolien ne manqueraient pas d'invoquer les nuisances sonores et la faible beauté esthétique d'un parc de cette taille, si tant est qu'une centrale nucléaire soit plus jolie et moins bruyante. Des arguments contre lesquels EDF Energies Nouvelles a trouvé une parade.
La filiale d'EDF, spécialisée dans la production d'énergie électrique d'origine renouvelable, va installer son prochain parc éolien, d'une capacité de 52 MW, en bordure d'autoroutes, là où les nuisances sonores et la disgrâce sont déjà très importantes. Ainsi, les 26 éoliennes du parc "Chemin d’Ablis", qui nécessitera 75 millions d'euros d'investissements, longeront l’autoroute A10, dans l’Eure-et-Loir, sur 13 kilomètres.
En extrapolant, les 1.040 éoliennes obtenues avec 3 milliards d'euros d'investissements s'étaleraient sur 520 kilomètres, soit moins de la moitié du réseau autoroutier français. Il resterait encore plus de 580 kilomètres d'autoroutes pour héberger un parc de 1 157 éoliennes d'une capacité supérieure à 2,3 gigawatts.
A lire aussi :
- EDF EN lance la construction d'un parc éolien de 52MW sur Enerzine.com
- 2 fois plus d'électricité, 15 fois plus d'emplois que l'EPR sur Activart.com
1. Philippe (le 28/02/2007 à 16:26) :
Vous oubliez plusieurs choses :
Une centrale nucléaire de 1.6 GW tourne à sa puissance maximale tout au long de l'année.
Les éoliennes tournent seulement à 20 %.
La puisance fournie par la centrale se contrôle, pas celle qui est fournie par les éoliennes.
De sorte que pour maîtriser la puissance émise sur le réseau il faut contruire des turbines à gaz qui se mettent en route quand les éoliennes ne tournent pas. Vous n'avez pas pris en compte le coût de ces centrales. Ni leur pollution.
Une centrale nucléaire délivre sa puissance par une seule ligne HT.
C'est une multitude de lignes qu'il faudra créer pour raccorder les éoliennes.
L'EPR est un prototype. Les suivants coûteront deux fois moins cher.
D'ailleurs questions coûts on est en droit de se poser des questions, sachant que le MWh sortie EPR prototype avec son démantellement est chiffré à 46 euros, contre 82 euros pour les éoliennes.
2. Muphin (le 28/02/2007 à 18:00) :
Il faut également comparer la durée de vie d'une éolienne (moins de 20 ans : www.edf.com/html/lille300... ) à celle d'une centrale type EPR (40 ans sans dépenses supplémentaires, 60 ans max : energie.lesverts.fr/artic... )
3. Fred (le 28/02/2007 à 18:31) :
Merci pour ces précisions.
Il faut également préciser que plus on utilisera l'énergie éolienne, plus les technologies évolueront pour accroître la durée de vie et le rendement du matériel, et plus les coûts baisseront. Et ce qui vaut pour l'éolien vaut pour les autres énergies renouvelables.
4. un passant... (le 28/02/2007 à 23:35) :
Chers Philippe et Murphin,
vous oubliez également deux-trois petites choses :
cette centrale EPR, qu'EDF se gargarise de qualifier de plus puissante du monde, sera également l'une des plus dangereuses, ne fonctionnant pas à l'uranium enrichie comme toute ses grandes soeurs, mais au plutonium (au Mox, plus exactement)...
Ensuite, le budget annoncé de construction de l'EPR ne prend pas en compte l'ensemble des coûts de développement, de fonctionnement, de déconstruction et de retraitement des déchets, loin de là !
Ces 46 euros/MWH pour l'EPR contre 82 euros/MWH pour les éoliennes sont bien évidemment faux.
Ensuite (bis), la durée de vie de la centrale est certe de 40 ans, mais qu'en est-il de celle de ses déchets, bien plus radioactif que les déchets classiques des centrales nucléaires actuelles.
Enfin,il n'est pas question d'abandonner complètement le nucléaire, qui fournit effectivement une énergie rapidement mobilisable. Mais il n'est pas question non plus de passer les énergies renouvelables par pertes et profits !
On peut tout à fait admettre un parc éolien, solaire et hydroélectrique pour la production en base , complété de centrales nucléaires pour répondre aux productions de base ET de pointes. Pas besoin d'invoquer les centrales à gaz pour ça !!!
Enfin, comme beaucoup d'autres, je trouve que cet EPR est un gadget coûteux pour un saut technologique jugé minime. On eu mieux fait de ne pas céder aux sirènes du lobby pro-nucléaire (notamment la Cogema) et d'appliquer de véritables innovations, justifiant l'immense apport financier engagé.
5. Dumesnil (le 01/03/2007 à 09:41) :
L'ignorence et la mauvaise foi des antinucléaires est patente.Les éoliennes fournissent leur puissace nominale environ 20% des 8620 heures que comporte une année, non pas en fonction des besoins du réseau, mais selon les caprices du vent. Les centrales nucléaires ont un taux de disponibilité d'au moins 80%.Contrarement à l'éolien, elles permettent une couverture sécurisée des besoins à un coup bien plus faible.
6. Muphin (le 01/03/2007 à 10:05) :
à "un passant..." :
Je suis d'accord avec toi sauf sur 2 points :
- l'EPR ne sera pas une des centrales les plus dangereuses : seul son combustible est plus dangereux. Les centrales les plus dangereuses restent les centrales les plus vieilles (je pense en particulier à celles en fonctionnement en Europe de l'Est)
- Contrairement à ce que tu prétends, l'énergie nucléaire n'est pas faite pour répondre aux fluctuassions journalières de consommation électrique : pour cela on utilise soit les centrales thermiques classiques, soit celles hydrauliques, soit encore le fait de pouvoir fournir de l'électricité là où la demande est plus grande (ou s'en faire fournir dans le cas contraire)
Pour le gadget, je suis d'accord avec toi, c'est le lobby industriel que justifie ce projet, et c'est de l'argent qui n'est pas dépensé pour les énergies renouvelables.
Ce qu'il faut surtout bien comprendre, c'est que les problèmes énergétiques sont beaucoup plus complexes qu'ils le paraissent :
- construire une centrale prend 10 ans,
- 10MW nucléaires sont différents de 10MW hydrauliques ou éoliens, ou solaires,
- les variations de consommations varient selon les heures de la journée, les saisons, le climat ; en général, celle de la production d'énergie renouvelable aussi.
A tous : évitez de prendre pour vrai tout ce que l'on peut vous dire sur ce sujet, croisez vos sources, renseignez vous à droite à gauche et offrez vous le luxe de construire votre propre avis sur ce sujet.
7. Philippe (le 01/03/2007 à 13:55) :
Non,les coûts de 46 euros/MWH pour l'EPR contre 82 euros/MWH pour les éoliennes ne sont pas faux.
Les 46 euros/MWH comprennent l'investissement, la déconstruction et le retraitement des déchets. Sinon on tombe à 33 euros.
Les 82 euros/MWH de l'éolien sont une fourchette haute en fonction des différents lieux d'implantation et des puissances. En tout état de cause ce coût n'est jamais inférieur à 50 euros, donc plus que le nucléaire.
Les centrales nuléaires ne peuvent pas servir en pointe, les variations de puissance sont lentes et vieillissent le matériel.
Les éoliennes ne peuvent servir ni en pointe ni en base puisque leur production est aléatoire et non maîtrisée. On la prend ou pas quand elle arrive, point. C'est pour cela qu'il faut les coupler avec des turbines à gaz au démarrage très rapide.
La gestion de l'éolien est un casse-tête qui met en péril la stabilité du réseau.
Oui, le nucléaire est potentiellement dangereux, comme toutes les productions d'énergie de grande puissance.
Ce danger peut être éliminé à condition qu'on y mette les moyens. C'est là qu'il faut porter toute notre attention, sachant que cette situation est en train de se dégrader dans les centrales actuelles à cause des restrictions de budget exigées par les pertes dues aux investissements hasardeux à l'étranger et le développement des concurrences coucou (sociétés parasistes qui depuis un bureau achètent de l'électricité EDF la font transporter et distribuer par EDF en prenant de l'argent au passage).
8. Lars (le 12/04/2007 à 19:41) :
Je doute qu'un millier d'éoliennes occupent la même superficie qu'une EPR...
Mais les verts s'enragent pour rien face aux nouvelles centrales :
forum.01men.com/01men/lib...
C'est n'importe quoi !
9. energie-verte (le 18/12/2007 à 22:12) :
En France en onshore les éoliennes fonctionnent l'équivalent de 2200 heures de puissance nominale par an, donc 25% et non 20% de la puissance nominale ... L'amélioration de la technologie (pales, hauteur du rotor) permet d'augmenter l'énergie captée. Dans quelque sannées on sera pluss proche de 3000H qui aujourd'hui est dépassé en offshore ...
L'éolien est (contrairement à ce que les nucléocrates racontent) très bien adapté à la demande puisque les éoliennes produisent beaucoup plus quand il fait froid et qu'il y a du vent ... qu'en été ..
10. Denis (le 29/02/2008 à 18:42) :
En France, les réacteurs nucléaires ne fonctionnent en moyenne que 263 jours par an, en équivalent plein régime (moyenne sur 5 ans).
Ainsi, ils ne fournissent que 72 % de l'électricité qu'ils pourraient fournir avec une pleine utilisation de leur capacité.
Voir : futura24.site.voila.fr/nu...
Cela est dû à la surcapacité nucléaire en France, ce qui n'empêche pas d'acheter de l'électricité à l'Allemagne aux heures de pointe : voir les échanges d'électricité entre ces deux pays et les variations de l'électricité en France.
Dans le reste du monde, les réacteurs fonctionnent 82% du temps en moyenne.
Pour l'éolien, c'est entre 20 et 24% de l'équivalent pleine puissance selon les endroits.
Cela n'empêche pas que depuis cinq ans, l'énergie éolienne progresse plus vite que l'énergie nucléaire au niveau mondial, non seulement en nouvelle puissance installée (62.770 MWe pour l'éolien contre 13.620 MWe pour le nucléaire) mais AUSSI en énergie supplémentaire qu'il est possible de produire à partir de ces nouvelles capacités (125.600 GWh/an pour l'éolien contre 98.000 GWh/an pour le nucléaire).
Voir ici : futura24.site.voila.fr/el...
Et l'écart se ceuse encore plus en faveur de l'éolien pour les cinq prochaines années.
11. Francis (le 25/09/2008 à 01:25) :
Pour moi le plus gros problème est que les pays développés doivent absolument utiliser une source d' énergie :
1) qui n'augmente pas les problèmes d'effet de serre (renouvelable et nucléaire en font partie)
2) qui peut être utile aux pays sous-développés ou en voie de développement,
car si nous baissons nos émissions mais que le reste du monde augmente les siennes, rien de s'arrangera (voir l'exemple de la chine actuellement).
Or le nucléaire est une technologie qui n'est pas à la portée de la plupart des pays en voie de développement, ni d'un point de vue financier, ni d'un point de vue technologique et encore moins au regard de la stabilité politique qui règne dans la majorité d'entre eux (Guerre au Congo, en Côte d'ivoire, que deviendra la Libye lorsque "Le Guide" sera mort...)
Alors que la France qui se prétend la meilleur gestionnaire des centrales et des déchets émet régulièrement des effluents radioactifs, comment peut-on parler d'énergie propre? Comment cela pourrait être correctement géré dans des pays bien moins organisés que le notre (même avant les guerres civiles)?
L'industrie nucléaire est également une industrie peut prévoyante, ou plus exactement, les bonnes idées du passé se révèlent être de mauvaises idées 20, 40 ou 60 ans plus tard, comme le montre les problèmes récurrents du site du Tricastin révélés suite au coup de projecteur du mois de juillet 2008, mais la plupart du temps on pollue en silence.
En ce qui concerne le coût de l'énergie nucléaire, les chiffres sont sous-estimés,
1) ils ne prennent pas en compte les vrais coût du démantèlement des centrales,
2) ils ne prennent sans doute pas en compte le coût de la charge des déchets nucléaires sur plusieurs siècles (c'est d'ailleurs impossible à calculer, et l'enfouissement en profondeur sera peut-être la bonne idée du moment, qui se révèlera être une grosse bourde dans 60 ans ou deux siècles...)
3) ils ne prennent pas non plus en compte le dédommagement réel des victimes d'un accident majeur
Que se passerait-il en cas de Tchernobyl en France ou dans n'importe quel pays occidental? Les dédommagements aux victimes sont les suivants : 90 millions d'euros à la charge de l'exploitant, puis 700 millions d'euros à la charge de l'état et pour tous les autres frais, démerdez-vous (mais en fait la collectivité prendrait la chose en charge, dans la mesure ou la collectivité existerait encore après l'accident), soit si l'on prend l'exemple de Tchernobyl quelque chose comme 380 milliards de dollars en 1986. Aucune compagnie d'assurance n'accepte de couvrir un tel risque.
L'énergie nucléaire est donc une énergie excessivement subventionnée depuis plus de 60 ans
1) plusieurs centaines de milliards de Francs puis d'euros de budget de recherche du CEA,
2) des provisions pour démantèlement qui ne sont pas réalisées à leur juste valeur,
3) une dette pour les générations futures liée aux déchets - tout le monde se scandalise à juste titre d'une dette en euros, mais une dette en produit fissiles visiblement cela n'inquiète pas nos dirigeants
4) une subvention sous forme de garantie de l'état en lieu et place d'une bonne assurance comme doivent en souscrire toutes les industrie à risque
Compte tenu des dangers liés à cette industrie, de son inadéquation au développement du monde et de sa pérennité, et surtout, compte tenu des derniers développement sur le photovoltaïque (voir : www.juwi.fr/information/d... imaginez ce qu'il serait possible d'obtenir comme coût d'énergie solaire avec un investissement de 3 milliard d'euros (coût initial de l'EPR de Flamanville).
La base ce ne peut être l'éolien seul, ou le nucléaire, mais toute une batterie de sources exclusivement renouvelables, associé à un stockage (sous forme d'hydrogène? quitte à avoir une perte liée a la conversion électricité-hydrogène puis hydrogène-électricité).
L'ensemble des toitures des maisons françaises représente une surface largement suffisante pour fournir à la France une production permettant à toute l'économie de tourner, y compris en tenant compte du passage par l'hydrogène
Et les pays en voie de développement me direz-vous? Ce sont souvent des pays très ensoleillés non?
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